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08.05.2008

La petite phrase

Lors de mon contrôle post-op aussi évoqué plus bas, le chirurgien me donne les nouvelles consignes, à savoir que je dois garder panty et brassière jusqu'à la fin du mois, mais que je peux envisager un "sevrage" en douceur et donc m'en passer du moment que je reste "à rien faire" (autant dire jamais). Et, compte tenu de la météo du jour -merveilleux soleil, et tite chaleur pas désagréable, il m'accorde aussi une dérogation si ça devient trop inconfortable. Les effets thermo-régulateur des vêtements ont en effet des limites ; la transpiration et le synthétique ne font pas nécessairement bon ménage (démangeaisons, irritations...).

Et dans la foulée, vous le savez, je suis une sportive de haut niveau (nan, je vous entends là... bon je mens, OK, j'avoue, pas de sport, même pas devant la TV, sauf un peu de tennis et encore, Wilander et Agassi ne jouent plus...). Plus sérieusement, au programme de mes journées, en plus de la marche (pour aller au boulot par exemple), alternance de stepper et bodytrainer et occasionnellement de l'electrostimulation (manifestement efficace). Et aussi un peu de gym-stretching grâce à un coach virtuel choppé dans un paquet de céréales (et là je vous entends vous moquer, c'est pas bien, parce que je vous assure que c'est très agréable).

Je veux donc savoir "quand est-ce donc que je vais pouvoir reprendre mes "intenses activités". Et la réponse est "dans quelques jours, mais n'allez pas m'en faire 2 h la première fois". Alors là, je me marre. M'enfin, il est fou, 2 h... je les fais ni le 1er, ni le 2ème, ni même jamais. En fait si, je les fais en 1 semaine et c'est déjà pas si mal. Mais bon, au passage, j'avoue que ces petites activités, qui me prennent 20 min pour jour, me manquent... c'est étrange mais c'est comme ça. Et c'est contagieux aussi puisque mon papa aussi est devenu accro au step !

Et là, il me demande si je vais à la piscine (probablement pour me préciser que c'est encore trop tôt, comme pour le bain, mais du coup, je n'ai pas eu la fin de l'histoire). Ce qui m'amène à lui répondre avouer que "nan, la piscine, ça fait plus de 20 ans que je n'y ai pas mis un orteil", (la dernière fois ce devait être pour la gym, au collège). Du coup, le voilà qui a confirmation de ce qu'il pensait, à savoir que ça a un rapport pas vague du tout avec mon physique... Je n'y suis toujours pas prête, j'y pense, mais de là à me lancer. En plus c'est un des meilleurs sports et ça ferait un bien fou à mon dos.

Et c'est là qu'il me balance un truc du style : "Je vous assure, vous pouvez y aller, vous êtes vraiment très bien".

Et bien croyez-le ou non, c'est cette phrase-là qui m'a achevé, et bouleversé au point de me mettre les larmes aux yeux rien que d'y repenser et de l'écrire. C'est une phrase que j'ai peut-être entendu dans ma vie 1 ou 2 fois, pas plus, et encore, pas dans le même contexte... En plus sur l'effet de la surprise, au lieu de le remercier, j'ai dû bafouiller un truc incompréhensible.

Mais bon, il en reste du chemin à faire. La piscine un dimanche à 8 h du matin, avec juste 3 ou 4 autres nageurs autant complexés que moi ou de "vrais" sportifs qui veulent profiter de bassins désertiques pour un entraînement bénéfique, ça pourrait peut-être s'envisager (et j'insiste sur le "peut-être"). Mais la trempette à la mer ou à l'océan n'est pas pour demain... Même si j'y vois bien là une façon de me faire comprendre que je peux laisser mes complexes au placard, rien n'effacera jamais les remarques et les regards, sur moi ou sur les autres...

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