24.04.2008

Embonpoint & habillement

Alors, en gros (sans jeu de mots !), vers 11 ans je m'habillais déjà au rayon adulte, enfin si on peut dire. Disons plutôt qu'on apprend très vite à se contenter du minimum vital. A 12 ou 13 ans, il me fallait un 44 et vers 23 ans, je pense que j'étais proche de mon maximum, le 54 voire 56. Donc si on se place 10 ou 12 ans en arrière, en province de surcroit (ben oui, faut être honnête, le choix n'est n'était pas toujours au rendez-vous), je peux vous assurer que vous êtes vite dégoutés du shopping et lèche-vitrines. Que vous refusez vite d'aller faire un tour au Centre Commercial avec les cop(a)in(e)s vu que de toute façon vous ne pourrez rien essayer. Et que la VPC devient très vite votre alliée, et leurs catalogues vos livres de chevet. La machine à coudre aussi peut avoir sa petite importance. Et aussi que quand en plus d'être mal dans votre corps, vous êtes d'une timidité maladive, les relations ne sont pas facilitées, donc de toute façon vous n'allez pas aux anniversaires soit parce que vous n'y êtes pas invité(e), soit parce que vous savez que vous êtes invité(e) par obligation (ben oui, les parents qui connaissent les parents), bref, vous ne sortez pas, donc pas besoin de faire des frais à se fringuer. La boucle es bouclée.

A l'époque en plus, les fringues dites "grande taille", c'était des patrons "normaux" et élargis. Elargis donc difformes, mais pas rallongés. Ben non, on met déjà du tissu en plus dans la largeur, on va pas en rajouter aussi dans la longueur devaient se dire des fournisseurs. Donc bilan, des tuniques plus larges que hautes, qui vous arrivent à peine au nombril, alors que justement, notre ventre est bien la dernière chose qu'on a envie de montrer... Alors certes, la confection reste de la confection, c'est ce qui la différencie du sur-mesure, mais tout de même on a le droit de vouloir être coquette et pas d'avoir l'air habillée par l'armée, mais avec ses parachutes.

Alors, mis à part 1 ou 2 jeans, mes tenues c'était leggy (caleçon ou fuseau que ça se nommait à l'époque de la guerre du feu), tee-shirt et chemises choppées dans les rayons homme, parce que longs, le tout accessoirisé (customisé) par mes soins (d'où l'intérêt de la machine à coudre). Et il ne fallait pas compter sur les soldes ; le peu de fringues des rayons "atypiques" n'a jamais vu l'ombre d'une étiquette ni rouge ni verte ni pas mûre. A croire que notre taille n'était pas une punition assez difficile à porter, on devait en plus le payer au propre comme au figuré.

D'une situation de rayons verrouillés à la taille 42 (et encore c'est une grande taille vous font remarquer des vendeuses à qui je ferais bien un petit gavage de vengeance), on passe progressivement, lentement et peut-être sûrement à une situation en cours d'évolution au fur et à mesure que je maigrissais. Sans blaguer, c'est pas psychologique, ça c'est vraiment démocratisé et amélioré à partir années 95. Les coupes et surtout, les rayons "grande taille" se développaient, de même que le choix. Enfin les adolescentes n'auraient plus l'air d'avoir été débarquées par erreur de Mars ou d'ailleurs, et les quadras ou quinquas ne seraient pas habillées par leurs grand-mères.

Pour l'anecdote, j'avais 18 ou 20 ans et, invitée de mariage (ma hantise) je cherchais un chemisier. Une de mes copines décidément pas futée me traine dans une boutique (qui porte de nom de celui qui teint des moutons). Pour lui prouver que c'est peine perdue, et vu que suis plus à une humiliation près, je demande à la vendeuse ses chemisiers en taille la plus grande qu'elle ait. Elle me montre du bout d'un doigt (que j'aurais bien mordu pour lui filer ma rage), 1 (et pas 2 ni 3) article taille 3 (enfin manifestement leur 3 vaut 1 chez nous) dans laquelle même elle ne serait pas rentrée. Je lui ai du reste fait remarquer...

Bon, y'a encore du boulot dans ce domaine, notamment pour les hommes qui souffrent du même problème.

Et le regard -culpabilisant- des autres aussi...

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==>>> Quelques pistes habillement au "rayon" shopping <<<==

06.04.2008

Un commencement d'explication

Alors effectivement, mon titre (un poil racoleur), n'a à ce jour pas ou peu été justifié lors de mes posts.  

J'y remédie. J'ai donc (j'utilise volontairement le présent et non pas le passé) d'importants problèmes de poids d'origine encore indéterminée à ce jour (et pour toujours, j'en ai peur). J'ai grossi, encore et toujours, plus que la "norme", sans pour autant passer ma vie dans le frigo, n'en déplaise à certains, y compris dans le milieu médical.

102347432.jpgCe témoignage est le reflet condensé de mon parcours.

Il ne doit en aucun cas être considéré comme méthode à suivre.

Je me connais, je connais mes limites.

Un référent et un suivi médical sont indispensables dans une telle situation.

Vers l'âge de 14 ans, je devais porter au moins du 48 pour arriver à du 54/56 vers 20/22 ans. Et puis, ça c'est stabilisé !!!!! Ouf dirons-nous ! D'ailleurs, quand on y pense, le corps semble avoir son seuil limite fixé par lui même en fonction de paramètres qui nous échappent.

Jusqu'au jour ou vers 26 ou 27 ans (et plus de 130/135 kg), je me suis levée un matin, suis partie bosser sans manger, et n'ai rien avalé ou presque pendant 1 semaine. Toubib, cafard ???!! bref, je reprends petit à petit le moral soi-disant perdu, et m'aperçois que mes fringues me serrent moins. Je re-mange mais en modifiant radicalement mes habitudes, difficile de manger moins, je mange déjà pas des masses, mais :

  • je deviens végétarienne (de toute façon je ne picorais qu'une tranche de jambon de temps en temps, manger des animaux, beurk, je peux pas, je peux plus)
  • je supprime aussi le repas du soir et n'avale plus rien après 16 ou 17 h
  • je mise beaucoup sur le petit déj'
  • et puis, soyons honnête, même les barres chocolatées ne faisaient pas partie de mon quotidien, je les élimine complètement... j'en connais même plus le goût (bon, depuis peu, j'ai à nouveau mes moments de faiblesse !!)

Et miracle, je fonds, doucement et rapidement à la fois, mais de façon assez régulière. Je perds beaucoup sur environ 2 ans, sans aucune gêne ni fatigue. J'apprends à me connaitre, à connaitre mon corps et son mode de fonctionnement. Arrivée à ce que je considère comme mon "poids de forme" je commence sérieusement à envisager les opération de chirurgie réparatrice (j'insiste sur le terme différent de "esthétique").  Mais il faut stabiliser, on le lit dans le magazines, des médecins témoignent… c'est pas gagné, c'est même très rare, on serait des cas exceptionnels. On parle alors de 5 ans. Alors je patiente, sans pour autant en faire une obsession mais l'angoisse sera toujours là, comme une épée de Damoclès : vais-je y arriver ? vais-je regrossir ???

Et le temps file, vite finalement, et le poids se maintient à plus ou moins 5 kg (problèmes professionnels bouffeurs de vie, grrrrr), ce qui n'empêche pas l'angoisse. Elle sera, je pense, toujours là, ancrée plus ou moins en profondeur. NON, on n'est pas "sauvés" après 5 ans de stabilisation. Les 5 ans écoulés, je démarre mes recherches de chirurgien, sachant que parallèlement, j'ai assuré une veille sur internet afin de collecter de nombreuses infos sur le sujet…. (à suivre)