13.05.2008

Mon CDD

Pile-poil neuf mois après mon licenciement, et après des brouettes, que dis-je, des bennes de CV envoyés, j'ai décroché... un CDD, à 20/25 min en voiture+pieds de chez moi (compter 3/4 d'h en transports en commun donc le choix est vite fait même si développement durable oblige, je le regrette).

Il s'agit d'un contrat d'un mois éventuellement prolongeable, toujours dans mon domaine de prédilection, au service du public. Mais c'est un poste d'exécution pure, de saisie, donc sans contact avec le public. Une petite formation au logiciel et au vocabulaire typique est prévue sur une semaine (et pas suffisant d'après la formatrice).

Ce qui me gêne, me pèse, c'est qu'il aurait pu revenir à une personne moins qualifiée et/ou moins expérimentée. A quelqu'un qui a besoin qu'on lui donne sa chance, qu'on lui fasse sentir que même sans expérience et/ou diplôme il a de la valeur. Mais voilà, toujours cette foutue mentalité à tirer vers le plus haut à espérer le mouton à 5 pattes (et muet de préférence). Alors je vais faire plaisir à nos dirigeants (décidément ça devient une habitude, faut que je me soigne !). Non seulement j'ai accepté un poste largement sous-payé par rapport à mon précédent emploi (on va dire de l'ordre de 30 à 35 % de perte si l'on considère aussi les avantages parallèles). Et je suis perdante par rapport aux indemnités assedic. Le salaire étant même inférieur au SMIC, il est réajusté par primes. A ce stade, ce n'est même pas un job "alimentaire". C'est grave quand on en arrive à préférer prendre le risque d'être "mal accompagné que seul(e)".

Sans compter qu'il n'apportera rien de plus "valorisant" à mon CV (sera probabement réduit à un laconique "été 2008 - xx - opératrice de saisie"). Il bouche un trou. Point-barre. En si vous déduisez les frais divers (et en ce moment c'est pas de l'or noir qui coule dans nos autos, c'est plutôt de l'or pur, 24 carats !), et les emmerdements que vous apportent un emploi : chefs de service caractériels qui doivent faire avec les baisses de crédits, le manque de personnel, et collègues (enfin ceux encore là car ils ont déjà épuisé leur capital "arrêt maladie") tout autant caractériels (on peut leur trouver des circonstances atténuantes), médisants, et qui auraient préféré que l'on recrute leur rejeton étudiant en job de vacances plutôt que vous, et qui vont vous le faire sentir, voire payer pendant toute la durée de votre contrat, et ben disons qu'il est fort tentant de se la couler douce. D'ailleurs des copains m'ont déjà fait remarquer qu'en cette période de l'année, s'ils avaient été dans ma situation...

Soyons honnêtes. Vous êtes au chômage depuis 9 mois. Vos Assedics sont supérieures au SMIC. On est en mai et le soleil est là. Enfin disons que ça sent bon le lila, le magnolia, et donc l'été. L'ANPE semble ne plus se souvenir que vous existez (et c'est tant mieux surtout lorsque vous avez été classé catégorie 3), et tant bien même, tout le monde sait parfaitement comment "foirer" un entretien.

Mais comme vous êtes un(e) français(e) bien élevé(e), par des parents bosseurs, respectueux du système, et qu'en plus vous ne supportez pas de rester à rien faire, vous donc avez cherché du boulot. D'une part pour occuper vos journées (en cherchant), et d'autre part pour espérer à terme les occuper autrement (en bossant).

Bref, on vous propose en (presque) plein été, un job pour lequel vous n'êtes en rien gagnant. Nettement en dessous de vos qualifications et sans prétention aucune, de vos compétences (même la RH le reconnait d'un hochement de tête). Et nettement en dessous de vos prétentions de salaire, pourtant pas exceptionnelles, justes calculées en fonction de votre parcours (expérience, diplômes) et du marché. Une sorte d'argus de votre CV que vous avez établi un soir d'hiver (et de déprime saisonnière), sous votre couette, et qui au final vous oblige à vous solder, (comme vous finirez par le faire pour vendre votre voiture). Et la p'tite loi visant ces "méchants-branleurs-de-chômeurs-qui- ruinent-les-institutions" n'est pas encore votée.

=> Alors, en tenant compte de toutes ces paramètres, vous le prenez ou pas ce job ??!!!

Bon, reste à espérer qu'on ne revive pas la canicule 2003, parce que (et ça vaut pour tous), bosser dans ces conditions, sans clim (c'est du vécu, mon employeur de l'époque n'ayant pas jugé utile de me proposer un ventilateur, un aménagement d'horaires ou des boissons fraîches) ou avec un climatiseur qui vous met une tête comme un compteur à gaz, là c'est sûr, je vais avoir des regrets.

22.04.2008

Ma radiation, partie 3

Puis vient le moment du 3ème rendez-vous, environ 6 semaines plus tard.  Et là, je découvre que l'on m'a attribué un énième référent, dans une autre ANPE (celle ou je m'étais inscrite au début).

Et personne n'est capable ne me fournir d'explication sur ce retour à la case départ. Furtif le retour, puisque vient de me parvenir un courrier estampillé ASSEDIC/ANPE/ADECCO, m'informant que c'est à présent ADECCO qui va assurer mon suivi personnalisé (ah oui, j'avais oublié de vous le dire plus haut, c'est ce qui arrive au bout de 6 mois environ à la catégorie 3). Le même ADECCO chez qui je suis inscrite et chez qui j'ai postulé sur plusieurs offres et qui n'a jamais répondu (même pas un banal accusé de réception) à mes candidatures. Alors oui, effectivement, je râle un peu... grrrrrrrrr

Sans être du genre inquiête, je me demande quand même comment ADECCO, qui ne s'intéresse manifestement pas à mes candidatures, pourrait réussir là où l'ANPE reconnait presque son inefficacité ?!

Et puis bon, je fais partie de ces gens qui considèrent que c'est à l'Etat et à ses structures de gérer le problème de l'emploi. Après tout c'est aussi à ça que sont supposés servir nos impôts.

Sauf que entre temps, j'ai été hospitalisée (et les raisons seront exposées plus tard, on parlera alors de chirurgie plastique, esthétique et reconstructrice, et suis en arrêt maladie pour 15 jours, ce qui me vaut une radiation : je ne suis plus apte à une recherche active d'emploi à leurs dires. Ce qui est faux ;  je peux chercher… et en plus, vu les délais entre la publication d'une offre et le recrutement, j'ai largement le temps de candidater et d'être rétablie pour les castings. Et ben non, ce n'est pas comme ça que cela fonctionne. Une double peine en quelque sorte.

 

Ma radiation, partie 2

J'ai donc compris rapidement, avant même mon inscription, que j'allais hériter du code 3, aussi flippant que lorsqu'il est prononcé dans une série US, dont une partie se déroulerait aux urgences. Et pourquoi ce chiffre : et ben suis une fille, pas super mobile, mais bon dans mon secteur d'activité  je vois pas non plus l'intérêt de traverser le pays, je peux exercer partout (polyvalente, le mot à la mode sur les CV). Mais surtout, je tente une reconversion dans la fonction publique (et manque de chance on dégraisse les effectifs) et j'ai un passé professionnel atypique pas simple à caser. 

Alors j'ai eu un 1er contact à l'ANPE territorialement compétente. Au vu de mon profil, j'ai été dirigée sur l'ANPE des cadres (autre ville) où j'ai eu une autre interlocutrice, supposée être "ma" référente, mais qui était enceinte de 6 bons mois (ce n'est pas un reproche, juste une constatation : elle ne sera pas "ma" référente bien longtemps). Elle m'a chanté les louanges du bilan de compétences, histoire se prouver à eux mêmes que ma reconversion et mon envie de bosser dans le social, dans la communication au service du public, n'était pas le choix idéal. Pas de bol (pour eux), après 20 h (je crois) de BdC, il s'avère que je suis bien faite pour ce à quoi je me prédestine (et aussi pour d'autres secteurs, bref le champ est large).

Alors moi, le bilan de compétences, je veux bien, j'imagine que pour une personne qui a toujours bossé dans la même boite, sur des machines, équipements spécifiques à un secteur, et que cette boite ferme (délocalise serait le terme plus juste), OK, cette personne a effectivement grand besoin d'aide pour lister ses compétences, ou même faire un CV.

Mais quand notre reconversion a déjà été préparée (mon licenciement était inéluctable) et le terrain bien débroussaillé, c'est de formation, mise à niveau que l'on a besoin. Et là, pour une simple mise à niveau de suite bureautique, les délais d'attente flirtent avec les 3 ou 4 mois. Le BdC effectué, et 4 ou 5 mois s'étant écoulés, me voici reconvoquée par "ma" conseillère ; ou plutôt non, une autre (petit rappel, ma conseillère était enceinte). Je me pointe pour apprendre qu'elle est absente (est-ce que par hasard je porte la poisse ? mon profil est donc si compliqué qu'il mérite la création d'une catégorie supplémentaire à lui tout seul ?!), et que ses rendez-vous ont été reportés. "Oui, mais pas le mien" dis-je et aussi sec on me trouve un agent qui reconnaît que l'on a manifestement pas tenté de me joindre et qui me reçoit, prend en note ma requête (je veux une mise à niveau bureautique et je vous passe les détails sur le parcours pour obtenir le fameux imprimé de demande). (à suivre)

02.04.2008

Ma radiation, partie 1

Bon, si vous avez lu attentivement le message précédent, vous avez déjà quelques infos à mon sujet (suffisamment pour que je sois déjà reconnue de mon entourage) :

-         je suis une fille (radiée et pas radié, c'était pas une fote d'ortho)

-         j'étais à la recherche d'un emploi (enfin je le suis toujours, mais pas aux yeux de l'ANPE)

-         je viens de sortir de l'hosto

-         j'ai un portable nokia, acheté sur cdiscount 

Alors avant de revenir à l'ANPE et à ma radiation, quelques précisions s'imposent. J'ai donc perdu mon emploi, enfin je l'ai pas perdu, je sais où il est, il existe toujours, mais quelqu'un d'autre l'occupe. C'est dans l'été 2007 que j'ai été licenciée.

Commence donc le parcours du combattant de l'inscription ANPE/ASSEDIC. Cette 1re étape peut se faire tranquillement en direct de sous la couette (tout en compensant ses malheurs par du chocolat). Viennent ensuite les convocations pour ouverture des droits ASSEDIC et entretien pour définir notre parcours personnalisé (soi-disant).

Alors ce que tout le monde ne sait pas forcément, c'est que depuis 2006, les demandeurs d'emploi sont "triés" puis "classés" en 3 catégories, de 1 à 3, selon leur profil qui d'après plusieurs critères (et y'a beaucoup à dire quant aux critères) détermine leurs potentiel de chance à une reprise rapide d'activité (1 pour rapide et 3 pour, et ben pas de bol, aucune chance voire en dessous de zéro de trouver un job précaire ou pérenne). Mais vous ne repartez pas des ASSEDIC avec une étiquette 1, 2 ou 3 tamponnée sur le front. Disons que c'est la partie cachée de l'iceberg. Seule l'ANPE, sans doute par le jeu d'une habile combinaison codée est informée, puis valide ou non ce profil, et évoque avec vous le fait que vous devrez revoir vos prétentions (peu importe votre catégorie d'ailleurs).

Alors "selon que vous serez etc etc" (chanson de Sardou), un homme jeune, mobile à la recherche d'un poste dans un secteur en manque de main d'œuvre (bâtiment, restauration…) ou pas du tout mobile et issu d'un secteur ou d'une formation sinistrée (secrétaire –et tout le monde se demande dans quel but l'éducation nationale propose encore cette qualification qui va du BEP au BTS-), votre suivi ne sera pas le même. Soit vous serez convoqué toutes les 5 minutes (bon OK, chaque semaine, soit on vous "fiche la paix" pendant environ 4 mois. Mais paradoxalement, c'est dans le cas ou vous êtes en catégorie 1 donc facilement recasable, que vous aurez le suivi renforcé, et dans le cas de la catégorie 3 (celle qui a le plus besoin d'aide donc –me trompe-je-) que le suivi sera "light". (à suivre)